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Culture

Introduction

La colonisation a influencé, sans l’affaiblir, la culture traditionnelle et vivante des îles Loyauté. Tout en respectant le cadre ancestral de la coutume, les îles Loyauté sont tournées vers l’avenir, comme en témoignent les nombreux Loyaltiens qui ont percé dans la musique, les arts plastiques, mais aussi dans les affaires, l’administration ou la politique.

Les influences extérieures, qui ont apporté la religion chrétienne, l’argent ou encore le cricket, se sont fondues dans la culture traditionnelle, ce qui fait le « ton » unique de ces îles coralliennes où la beauté de la nature trouve écho dans l’art de vivre, au jour le jour.
Les mythologies loyaltiennes enracinent les diverses communautés dans la terre des îles. Cependant, l’héritage culturel des ancêtres, de grands navigateurs, s’exprime dans la grâce et la souplesse des Loyaltiens. Fiers gardiens de leurs différences, ils voyagent volontiers, s’adaptent aisément et se situent à l’avant-garde de la création en Nouvelle-Calédonie

Langue

Quatre langues sont pratiquées dans les îles Loyauté. Comme toutes les langues kanakes de Nouvelle- Calédonie, elles sont d’origine austronésienne. Au fil des trois siècles passés, elles ont intégré des expressions ou des mots polynésiens, français, anglais, ou pidgin-english, car de nombreux Loyaltiens travaillèrent en Australie à l’époque du blackbirding, le trafic de main-d’œuvre pour les plantations de canne à sucre.

Le nengone, ancien nom de Maré, est la langue parlée sur Tiga et Maré.  Le drehu, la langue de Lifou, est aussi la langue la plus parlée par les Kanaks en Nouvelle-Calédonie, après le français.  Ouvéa est la seule île des Loyauté à connaître deux langues, l’iaaï et le faga-uvea. Le faga-uvea est une langue polynésienne, héritage des migrations polynésiennes qui atteignirent ces îles aux XVIIe et XVIIIe siècles. Depuis quelques années, l’enseignement en langue locale en classe de maternelle s’est imposé dans 80 % des établissements des Loyauté.

Musique et danses traditionnelles

Les seloo, chants traditionnels en langue iaaï, parlent de la vie du compositeur ou de l’histoire régionale. Les nombreuses berceuses ou comptines chantées par les mamans depuis des siècles se retrouvent jusque dans les compositions contemporaines des groupes de kaneka.

Les danses pehua de Maré, les danses fehua de Lifou, le chap ou le bua sont encore pratiqués lors de grandes fêtes collectives qui entretiennent le lien social entre les clans.
Les taperas, ou chants de tempérance, forment un univers musical original. Composés selon le code musical du « doh » importé par les missionnaires anglais, ces chants polyphoniques et religieux font désormais partie du patrimoine musical kanak.
Aujourd’hui, grâce à des danseurs comme ceux du Wetr (district de Lifou), qui perpétuent pour leur communauté et les visiteurs les danses et chants traditionnels, l’héritage mélodique des Loyauté est sauvegardé.

      

Case

Parfaitement intégrée aux paysages, mise en valeur par les pelouses tondues à l’anglaise et les cocotiers, la case des îles a traversé les siècles. On la trouve partout : pas de lieux habités sans case. Elle est l’expression de la culture kanake et des rapports sociaux au sein du clan.

Une architecture adaptée : Traditionnellement ronde, la case est construite avec des matériaux végétaux : du bois et de la paille ou du bois et des feuilles de cocotiers comme à Ouvéa. Cet habitat kanak est le lieu où peuvent dormir une famille et d’autres personnes du même clan. Les enfants se reposent en général dans le fond de cette case. À l’intérieur, un foyer est placé à l’entrée de la case. Il permet de réchauffer certaines nuits même si la case offre l’avantage de conserver la chaleur pendant la saison fraîche, et de l’atténuer durant l’été. Cette construction traditionnelle dispose d’un autre atout : elle n’offre guère de prise au vent lors des cyclones.

Symbole des liens sociaux : La particularité de la case réside d’abord dans son entrée. Un adulte ne peut la franchir que s’il est courbé, une attitude symbolisant le respect dû aux occupants de l’habitation. Le respect et la coutume sont d’ailleurs des concepts sur lesquels repose la structure architecturale de la case. L’habitation devient métaphore des liens sociaux. Le poteau central, de diamètre important, incarne le chef de clan ou le grand chef. Les poteaux périphériques représentent les sujets du chef : ils s’inclinent vers lui et le soutiennent jusqu’au toit. Pour réunir un peu plus l’ensemble, on dispose une corbeille de liane tressée sous le faîte de la charpente. Elle représente l’image de la cohésion sociale du groupe.

La grande case : Dans les tribus, une case plus haute que les autres domine : c’est la grande case. Édifiée sur un tertre, parfois délimitée par de grandes barrières en bois, la grande case est le symbole le plus fort de la chefferie. De chaque côté de la porte, des chambranles en bois sculpté rappellent la présence ancestrale. La grande case est le lieu de paroles où les vieux se réunissent pour toutes les décisions collectives. Le chef n’y habite pas. Personne n’a le droit de pénétrer dans cet espace sacré sans y être invité.

Construire une case : un acte social et spirituel. Construire une case est toujours une œuvre collective. L’ensemble de la communauté participe à l’élévation de la case. Chaque groupe a son rôle. Les hommes se chargent de la coupe, du transport des éléments constitutifs et des travaux de construction. Les femmes ont la tâche d’arracher et de transporter sur le lieu de construction la paille qui servira de couverture. Les vieux préparent les lianes d’assemblage et sculptent les bois.
Édifier une case est aussi un acte spirituel. Les étapes successives de la construction s’accompagnent, en effet, de gestes coutumiers visant à protéger la case et ses habitants.

      

      

Cuisine

L’alimentation traditionnelle kanake est essentiellement constituée de végétaux, parfois agrémentés de poissons, de crustacés et de coquillages, parfois de poulet et plus rarement de viande. Les plantes à tubercules forment la base de la cuisine kanake : igname, taro d’eau, taro de montagne, manioc et patate.

L’igname et le taro, cultivés dans les tribus, sont les principales plantes utilisées dans la cuisine. Il en existe de nombreuses variétés possédant des qualités gustatives propres. Ainsi, le taro de montagne, reconnaissable à ses grandes feuilles, est moins tendre que le taro d’eau. Il n’existe pas deux variétés d’ignames (blanche et mauve), mais plus de cent quarante. La couleur de la chair varie du blanc le plus pur au mauve le plus foncé avec toutes les nuances et même des mélanges de couleurs. L’igname est riche en fer, en cellulose et en fibres nécessaires au transit intestinal. Elle contient de petites quantités de vitamines B et C. L’igname fait l’objet d’une attention toute particulière. Son cycle de croissance rythme l’année kanake et, dans chacune des îles, sa récolte occasionne d’importantes cérémonies coutumières. Elle est également l’une des principales valeurs d’échange lors d’autres événements intertribaux.
Il ne faut jamais couper une igname au couteau mais à la fourchette. On obtient ainsi une ligne de fracture irrégulière qui suit les grains. Cette découpe à la fourchette améliore la cuisson et facilite l’absorption des sauces.

Certains fruits féculents comme la banane et le fruit à pain accompagnent souvent les plats à base de tubercules. Mais le riz, plus économique et plus pratique – les femmes n’ont plus le temps d’éplucher les légumes traditionnels —, a de plus en plus tendance à s’y substituer. De nombreuses feuilles sont servies en accompagnement. Le chou kanak est le plus fréquent, mais l’on trouve aussi des brèdes, des épinards sauvages, des feuilles de taro, des langues de bœuf et de l’amarante. Les chouchoutes, les citrouilles, les bananes poingo (bananes à cuire) et les ambrevades, sortes de lentilles multicolores, entrent également dans la composition de nombreux plats kanaks. Les tubercules et les feuilles sont souvent cuits dans du lait de coco.

Les produits de la mer accompagnent le plus souvent les feuilles et les tubercules : poissons du lagon, coquillages, poulpes. La roussette, le collier blanc (une espèce de pigeon) ou encore le cochon sauvage font également partie des mets appréciés par les Kanaks. La tortue ou le dugong (vache de mer), traditionnellement réservés aux chefs coutumiers, ne sont servis qu’à l’occasion de grandes cérémonies coutumières. Leur pêche est strictement encadrée.
Grâce à une nature particulièrement généreuse, les fruits sont les desserts de prédilection des Kanaks : corossol, pomme liane, pomme cannelle, mangue, banane, sans oublier la papaye, probablement le fruit le plus apprécié. En effet, le papayer pousse à l’état sauvage un peu partout. Rien de plus simple que de le planter : il suffit de jeter un paquet de graines de papayer mûres sur une terre meuble et humide. La papaye se consomme indifféremment en légume (lorsqu’elle est encore verte) ou en fruit (lorsqu’elle est mûre). Elle a la propriété d’attendrir les volailles un peu âgées et coriaces. Il suffit de remplacer les entrailles de la volaille par un morceau de papaye et de le laisser jusqu’au lendemain. La papaye permet également d’apaiser les brûlures et certaines piqûres d’insectes. C’est aussi un excellent vermifuge.

Impossible de passer en Nouvelle-Calédonie sans goûter un bougna. Aux Loyauté, ce plat est de toutes les cérémonies. Traditionnellement cuit en terre, enveloppé de feuilles de bananier, dans un four de pierres brûlantes, le bougna se décline en d’innombrables variétés selon les tubercules de saison. Le lait de coco, les fruits de la pêche ou de la chasse, les feuilles comme le chou kanak ou les brèdes agrémentent le taro, le manioc ou l’igname. Mais la cuisine kanake ne se limite pas au traditionnel bougna, elle présente une grande variété de plats que les touristes peuvent découvrir à l’occasion des fêtes et des foires organisées tout au long de l’année. La cuisine contemporaine des Loyauté s’inspire aussi des gastronomies française et asiatique pour accommoder les nombreux produits de la mer et de son environnement préservé. Parmi les denrées exceptionnelles, la roussette, cousine de la chauve- souris, est servie grillée ou en bougna. La langouste, le coquillage araignée ou le bénitier se dégustent aux côtés des poissons polychromes du lagon. Le crabe de cocotier, quant à lui, est un délice qui se mérite car l’espèce est menacée. À consommer, donc, avec modération.

La noix de coco est un ingrédient majeur de la cuisine kanake. Sa forte teneur en acides gras en fait un élément hautement nutritif et énergétique. Pour obtenir du lait de coco, les Kanaks fendent en deux la noix, puis à l’aide d’un grattoir ils en râpent l’intérieur. Les pelures ainsi obtenues sont ensuite mouillées avec de l’eau chaude et pressées à la main.

QUELQUES RECETTES

Chouchoutes au curry
Ingrédients : 6 chouchoutes, 6 tomates, 1 oignon, 3 gousses d’ail, une bonne cuiller à café de curry ou plus selon les goûts, sel.
Préparation : Éplucher les chouchoutes crues et les couper en deux. Retirer l’amande qui est comestible, puis les recouper en deux et retirer le coeur fibreux qui enserre l’amande (comme une pomme). Couper les tomates en morceaux. Hacher l’oignon et l’ail et faire revenir dans un peu d’huile à feu doux. Ajouter les tomates et les faire fondre un peu. Quand elles rendent un peu de leur jus, ajouter le curry et bien mélanger. Ajouter ensuite les chouchoutes coupées en cubes. Tourner et saler. Couvrir et laisser mijoter doucement dans le jus de tomates environ 45 mn. Si le jus de tomates est insuffisant, ajouter un peu d’eau.
(Extrait de « Les recettes calédoniennes », Éditions Grain de sable)

Poisson au citron et au lait de coco cuit au four
Ingrédients : 3 feuilles de bananier, 1 poisson frais entier, 1 bol de lait de coco, 2 citrons, une orange, poivre, sel.
Préparation : Laver et nettoyer le poisson. Le disposer dans les feuilles de bananier assouplies au feu. Découper le citron ainsi que l’orange en fines rondelles. En partant de la tête, recouvrir le poisson avec des rondelles de citron et d’orange en les alternant. Saupoudrer de poivre et de sel et verser le lait de coco. Bien envelopper le poisson dans les feuilles de bananier. Attacher avec des lianes. Faire cuire dans le four traditionnel une trentaine de minutes.
(Extrait de « La cuisine de Lifou. Aqan hnëkën la xen », Association des femmes et des filles de Lifou, Éditions Grain de sable)

Mousse d’avocat aux anchois
Ingrédients : 4 petits avocats, 8 filets d’anchois, 1 citron, 2 cuillers à soupe de crème fraîche, 1 cuiller à café de curry en poudre, 1 salade, sel, poivre.
Préparation : Couper les avocats en deux et retirer le noyau, enlever la chair, réserver les coques. Dans un récipient, mixer la pulpe des avocats, les anchois, le jus d’un citron, le curry, le sel, le poivre. Ajouter la crème fraîche et mélanger à nouveau. Remplir les coques et les garder au frais. Servir les avocats sur un lit de salade coupée en lanières.
(Extrait de « L’avocat de Maré », Éditions du Niaouli, collection « Produit des îles »)

Sculpture

La sculpture des Loyauté prend racine très loin dans les objets sacrés que sont les flèches faîtières, les chambranles et les poteaux de la chefferie. Si la sculpture « coutumière » est toujours pratiquée, certains artistes se sont engagés dans une œuvre personnelle, réflexive mais ouverte sur le reste du monde.

Les sculptures très expressives de Dick Bone, originaire de Lifou, constituèrent le phare de toute une génération de sculpteurs kanaks. Les bois rares des îles, comme le buni, le santal, le trelewegeth, le mesup ou le kohu, offrent une merveilleuse palette de grains et de textures. Enfin, les Loyauté partagent l’art du bambou gravé avec d’autres régions néo-calédoniennes.

  

Religion

Précédés par des évangélistes des Tonga et de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les premiers missionnaires protestants, suivis de près par les catholiques, trouvèrent aux Loyauté un terrain propice pour diffuser leurs dogmes dès le milieu du XIXe siècle. Très vite, des chefs se rallièrent à l’une ou l’autre des religions, entraînant leur communauté dans leur sillage. Mais la compétition géopolitique entre la France et l’Angleterre ainsi que les querelles locales déclenchèrent une petite guerre des religions à laquelle mirent fin les troupes du gouverneur Guillain, en 1864 et 1865, à Lifou et à Ouvéa. Sur Maré, les querelles recommencèrent après le passage de Guillain et durèrent jusqu’en 1883.

Aujourd’hui, la majorité des Loyaltiens sont de confession protestante mais les deux religions cohabitent en toute sérénité. Presque chaque village a son église ou son temple, ou les deux, qui souvent se font face, composant une incroyable collection de petits lieux de culte aux architectures diverses.

      

Cricket

Des femmes en robe mission aux couleurs vives virevoltent sur le terrain, une batte à la main. Cette image des joueuses de cricket traditionnel est devenue l’icône d’une Nouvelle-Calédonie kanake, progressiste et sportive. Pourtant le cricket, arrivé dans les bagages des missionnaires anglais, mit près d’un demi-siècle pour s’imposer. On fait remonter les premiers matchs à 1900, dans le district de Guahma, à Maré. Les rencontres entre les équipes de Roh et de Nece créent la légende et le sport se diffuse ensuite largement dans toutes les Loyauté.

Longtemps pratiqué comme un simple loisir, il faut attendre 1969 pour que le cricket soit enfin considéré comme une discipline sportive à part entière, grâce à la création de la Ligue de Nouvelle-Calédonie de cricket. Réservé aux hommes à l’origine, ce sport s’est ensuite largement ouvert aux femmes au fur et à mesure de la christianisation et de l’évolution des esprits.
Les règles du cricket calédonien diffèrent de celles du cricket international : le « bras cassé » est l’équivalent du « round ball » ; la balle est fabriquée en résine de banian et la batte en bois local ; les joueurs n’ont aucune protection corporelle. Les matchs de cricket traditionnel, moment fort de la vie communautaire dans les îles, peuvent durer de quatre à six heures.

Convivialité

Si vous entendez des nombres énoncés à haute voix au milieu d’un joyeux murmure, vous êtes sans doute près d’un bingo. Ce jeu de hasard et de mémoire tient une grande place dans les distractions insulaires, surtout parmi les femmes qui se réunissent pour des parties qui peuvent durer une demi-journée.

  

Importée du Vanuatu voisin, la consommation du kava s’est popularisée aux Loyauté comme à Nouméa. Le soir venu, hommes et femmes viennent se retrouver dans ces lieux calmes, le temps d’avaler quelques bols de ce jus de la racine d’un poivrier.

Culture contemporaine

Les Loyauté comptent certains des plus célèbres groupes de kaneka. La fusion des rythmes traditionnels et des influences jazz, rock et pop s’opère dans cette musique née à la fin des années 1980, dans un élan de revendication identitaire. À la fois inspiré et concurrencé par la déferlante du reggae, le kaneka s’impose cependant comme le mode d’expression original de la jeunesse kanake. Mexem, Edou, Gurejele, Tim et We Ce Ca sont autant de musiciens ou de formations issus des Loyauté qui ont déjà conquis la Nouvelle-Calédonie et les autres pays de la région.

Paul Wamo est l’une des étoiles montantes de la poésie kanake d’expression francophone et drehu. Né dans le district du Wetr, à Lifou, il a grandi à Nouméa avant de renouer avec ses racines et d’enseigner sa langue ancestrale. Artisan d’une poésie vivante, Paul Wamo aime dire ses textes sur scène ou devant quelques amis. Sa poésie se lit dans l’intimité, et s’écoute avec jubilation quand il monte sur scène tel un slammer américain.
Édouard Guïnedr Gulaan Wamedjo, dit Gulaan, en réinterprétant le répertoire traditionnel de Maré, a créé un style empreint d’une grande distinction et s’est imposé naturellement en Nouvelle-Calédonie. Leader du groupe Ok! Ryos de 1994 à 2004, il poursuit désormais une carrière solo. Vainqueur ex aequo du concours « 9 semaines et un jour » en 2005, puis invité très remarqué des Francofolies de La Rochelle, ce virtuose de l’arpège n’a pas fini de nous envoûter avec ses ballades contemporaines.
Né en 1966 dans le village de Pénélo, à Maré, Pierre Gope, metteur en scène et poète, est surtout le plus célèbre des dramaturges néo-calédoniens. Dans ses œuvres les plus connues, Les Dieux sont borgnes, Les Fils de l’igname, La Parenthèse, Les Champs de la terre, il interroge sans tabou et souvent avec humour les déchirures des sociétés néo-calédoniennes. Qu’il parte d’une problématique kanake ou d’un thème classique européen, le théâtre de Pierre Gope file une métaphore qui tend vers l’universel et qui l’a mené, par exemple, jusqu’en Avignon.
Originaire de la tribu de Hapetra, à Lifou, Hmej Wenehoua s’est produit aux Francofolies de La Rochelle en août 2007. Lauréat du concours « 9 semaines et un jour » de RFO, ce chanteur inclassable qui dit « n’avoir aucun style avec beaucoup de styles » est une nouvelle voix en Nouvelle-Calédonie, car il a passé de nombreuses années en métropole. À 38 ans, Hmej est de retour au pays. Il ambitionne de montrer que les Kanaks ne font pas tous du kaneka, qu’il y a d’autres alternatives. Pari tenu : sur son premier album, il joue du zouk, du flamenco et du reggae.

    

Objets symboliques

La toutoute, ou conque marine, sert traditionnellement à appeler les membres d’un clan. Ce coquillage est l’un des attributs de la chefferie. La toutoute sert aussi parfois à prévenir les fidèles avant un office religieux.

Les monnaies kanakes, sortes de joyaux tressés de coquillages et de fibres naturelles, échangées en particulier lors des mariages, sont de plus en plus rares, remplacées par la monnaie occidentale. Lors des échanges coutumiers de moindre importance, le manou (paréo), les billets de banque et les allumettes sont couramment utilisés. Le tabac, longtemps intégré aux cérémonies, est désormais banni de la plupart des échanges. S’il existe aujourd’hui des clans de la mer et des clans de la terre, les premiers Loyaltiens sont forcément arrivés en pirogue pour coloniser ces atolls surélevés. On assiste de nos jours à une renaissance de l’art de la pirogue à Lifou.

Les femmes kanakes se sont depuis longtemps appropriées la robe mission, version calédonienne de la Mother Hubbard dress, introduite dans tout le Pacifique par les missionnaires chrétiens. Ces robes amples et longues, sans décolleté et parfois rehaussées de revers en dentelle, rivalisent de couleurs vives. Les plus belles sont portées pour les fêtes ou les jours de marché, et les collections modernes ont souvent des lignes moins sobres que celles de leurs austères ancêtres.

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