Economie
Tourisme
Le tourisme connaît un développement croissant aux îles Loyauté, dont les charmes séduisent autant la population locale que les visiteurs venus de l’extérieur.
Les îles Loyauté accueillent en moyenne chaque année près de 25 000 touristes. En 2010, Lifou, Maré et Ouvéa ont accueilli ensemble 24 158 visiteurs :
- 15 968 touristes, ayant séjourné aux Loyauté 1 ou plusieurs nuits
- 8 190 excursionnistes, ayant effectué une visite à la journée

Le tourisme « de séjour » aux Iles Loyauté est dominé par 2 grands marchés qui totalisent 80% des visiteurs :
- Les Calédoniens (56%),
- Les touristes métropolitains (24%), dont les séjours en Nouvelle-Calédonie résultent pour 80% des visites à de la famille à Nouméa et pour 20% à des forfaits-séjours de tours opérateurs & internet.
Le Japon représente une part relativement importante (12%), grâce aux séjours des touristes japonais à l’île d’Ouvéa, qui dispose d’une notoriété particulière au Japon grâce à un roman de Katsura Morimura, best-seller au Japon dans les années 70 : l’île la plus proche du Paradis.
Les structures hôtelières de bon standing, telles que les « Nengone Village» et « Drehu Village », drainent de loin l’essentiel des touristes aux Loyauté. Lifou, centre administratif de l’archipel, compte aujourd’hui trois hôtels. La construction d’hôtels haut de gamme, trois étoiles, sur chacune des trois îles, est en outre à l’étude. L’ « accueil en tribu des îles » offre cependant un éventail de choix en constante évolution, apportant aux visiteurs un séjour plus authentique et convivial.
Pêche
La pêche artisanale côtière fait partie des secteurs prioritaires de la province des îles Loyauté, qui veut développer cette filière au potentiel prometteur. On recense aujourd’hui une trentaine de pêcheurs professionnels, et une dizaine de dossiers sont à l’examen. Les espèces pêchées sont le vivaneau et des poissons du large : tazar, thon, marlin.
Depuis octobre 2006, une unité de conditionnement des produits de la mer, équipée d’un laboratoire et dotée d’une poissonnerie en frais, fonctionne à Lifou. Elle est destinée à l’écoulement de la production de l’île de l’ordre de 12 tonnes, essentiellement sur le marché local où tourisme et consommation des habitants apportent des débouchés suffisants.

À Maré, un projet de modernisation de la base de pêche est en cours pour dynamiser la filière qui atteint ici une production située entre 15 et 20 tonnes. Sur l’île d’Ouvéa, où les prises sont moins importantes, une unité de conditionnement, plus orientée vers le tri et l’expédition sur le marché de Nouméa, est en cours de réalisation.
L’objectif de la province est clairement de professionnaliser et de structurer la filière pêche, tout en menant une politique de gestion des stocks rigoureuse alors que certaines espèces, comme le vivaneau rouge, sont très fragiles.
Avec l’aide d’un fabricant local, une coque de navire a été conçue sur mesure pour les conditions de pêche, en mer ouverte, dans les îles Loyauté. Elle est destinée à équiper désormais les pêcheurs professionnels loyaltiens.
Les îles Loyauté sont également présentes dans le secteur de la pêche hauturière au travers de la société Navimon, dont la province est l’actionnaire majoritaire. L’entreprise possède 8 palangriers de 22 mètres, pour une production de l’ordre de 60 tonnes par mois.
Le thon blanc représente 70 % des prises, mais les filets remontent également de l’espadon, du thon rouge, du marlin, du saumon des dieux ou encore du savoureux mahi-mahi.
Une partie est exportée, notamment le thon blanc, à destination des conserveries de Pago Pago (Samoa américaines). Les marchés européen et japonais sont également clients de Navimon. Après des années difficiles, dues à l’apparition de concurrents, la société se redresse et espère parvenir à l’équilibre dans les toutes prochaines années.
Agriculture
Les îles Loyauté sont presque intégralement composées de terres coutumières, où l’on pratique une agriculture essentiellement vivrière, qui s’ouvre cependant peu à peu aux réseaux commerciaux. Les terres occupées par les exploitations agricoles appartiennent à des clans, qui les mettent à la disposition d’exploitants ou de leur famille. Les tubercules tropicaux, produits traditionnellement consommés et cultivés tant comme produits de première nécessité que pour les besoins coutumiers, sont la principale production végétale, devant celle des fruits.

La province compte également nombre de petits élevages surtout familiaux de porcs et de volailles. L’île de Maré est la plus agricole des îles de l’archipel avec une prédominance de productions fruitières (avocats, letchis), de productions vivrières marchandes (ignames, patates douces, taros) et de produits d’agriculture biologique.
Les statistiques ne donnent pas une évaluation précise des volumes de production, pour toutes les cultures, mais dans le domaine de l’arboriculture le potentiel est actuellement estimé à 25 tonnes pour les avocats, 8 tonnes pour les papayes, 5 tonnes pour les limes et 2 tonnes pour les letchis. Ces productions sont en priorité écoulées sur Nouméa. Chaque année, au mois de mai, Maré organise « la fête de l’avocat », qui offre aux visiteurs animations et farandoles de dégustations autour de ce fruit onctueux.
Pour valoriser ces productions, la province a mis en place, avec l’aide de l’État, une unité de conditionnement des fruits et légumes à Maré. Installée à Tadine, non loin du port, cette unité permet depuis 2005 d’assurer le calibrage, le nettoyage, l’emballage, l’étiquetage et la mise en cageots ou en filets des productions des arboriculteurs et des maraîchers de l’île, pour une exportation en direction de Nouméa. À Lifou également une unité de conditionnement des produits agricoles est également entrée en service, au mois de mars 2007. L’objectif étant, là aussi, d’assurer plus facilement des débouchés commerciaux aux productions des îles, pénalisées par leur éloignement du marché nouméen.
Pour s’y faire une place, les Loyauté misent sur l’agriculture naturellement biologique, de plus en plus recherchée par les consommateurs. Si Maré est réputée pour son avocat, Lifou mise sur la vanille. Quelque 800 kilos de gousses de cette orchidée aux mille saveurs sont produits annuellement. La Maison de la vanille, destinée à dynamiser la filière, vient d’ouvrir ses portes à Hnathalo.
À Ouvéa, la voie royale est peut-être celle de l’apiculture. Sanctuaire de biodiversité, l’île abrite l’une des deux espèces d’abeilles les plus recherchées au monde, car indemnes de toute maladie. Une filière de production de reines est actuellement en cours de création tandis que, selon ses responsables la demande est énorme. En revanche, les gourmands seront déçus car la fabrication de miel a été écartée. En effet, la mise en place de ruches aurait nécessité la présence à Ouvéa d’un nombre trop important d’abeilles, qui aurait pu mettre en danger la très protégée perruche d’Ouvéa. Depuis 2006, la production d’huile essentielle de santal a également été relancée à Ouvéa.
Cocotier
L’île d’Ouvéa est le seul lieu de production de coprah de Nouvelle-Calédonie, et abrite quelque 3 000 hectares de cocoteraies. Ouvéa a produit l’an dernier 137 tonnes de coprah, entièrement transformé sur place en huile brute par la Coopérative agricole et aquacole des producteurs d’Ouvéa (CAAPO). Une partie de cette huile est destinée à l’alimentation d’un des quatre moteurs du générateur électrique d’Enercal. Un temps, la voiture du maire de la commune roulait avec ce biocarburant, mais le véhicule n’est plus en circulation. Le reste est destiné à la fabrication de savonnettes et de savons de ménage.

Né de l’association de l’huile essentielle de niaouli et de l’huile de coco, le savon Iaaï (Ouvéa) est rare et précieux. Grâce au très faible taux d’acidité naturel de l’huile de coco et aux propriétés antiallergiques du niaouli, il possède des vertus dermatologiques reconnues. C’est aussi le seul savon au monde à mousser à l’eau de mer. Grâce à l’apport d’une nouvelle presse, la CAAPO espère également bientôt produire de la lessive.








