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Généralités

Les plus anciennes traces indiscutables de la présence de l’homme en Nouvelle-Calédonie sont actuellement datées d’environ 1100 av. J.-C. Les origines de la population et des migrations ne sont pas encore bien connues. Les tribus loyaltiennes sont issues d’un mélange de Mélanésiens et de Polynésiens. Ainsi, Ouvéa connut plusieurs migrations polynésiennes entre le XVIe et le XVIIe siècle. Selon la tradition orale, elles venaient principalement de Wallis, dont le nom en langue est « Uvéa ».

Les îles Loyauté furent découvertes par les Européens en 1793. Venant de Nouvelle-Zélande et coupant un peu court au sud, Raven, capitaine d’un navire marchand anglais, découvrit des îles formant un ensemble qu’il nomma « Loyalty Islands » pour des raisons qui demeurent inconnues. Selon certains historiens, les îles gagnèrent ce nom en raison du caractère « loyal » de leurs habitants.
Dès le début du XIXe siècle, les chasseurs de baleines et de cachalots se sont intéressés aux richesses en cétacés des mers du Sud. À partir de 1810-1820, les bateaux relâchaient aux îles Loyauté et dans le nord de la Grande Terre pour s’approvisionner en eau et en vivres. Une station pour l’extraction de l’huile de baleine a même fonctionné à Lifou. Mais le remplacement de cette huile par le pétrole et l’épuisement des bancs de baleines entraînèrent la fin de cette activité en Nouvelle-Calédonie après 1860.

La cartographie et l'hydrographie des îles Loyauté ne furent réalisées qu'en 1827 et 1840 par Jules Sébastien Dumont d'Urville, l’un des plus grands explorateurs du Pacifique, passionné par l’astronomie et les sciences naturelles. 
C’est également en 1840 que les teachers de la London Missionary Society (LMS) s'établirent aux îles Loyauté pour évangéliser les autochtones et les convertir au protestantisme. La Mission mariste française, bénéficiant du soutien de l’État et de l’armée, s’installa de son côté dans les îles, le 20 décembre 1843, pour tenter de convertir les autochtones au catholicisme. Les îles Loyauté devinrent alors le théâtre, souvent sanglant, de sévères luttes de pouvoir entre les pasteurs protestants et les missionnaires catholiques. La conversion au protestantisme des chefs Naisseline à Maré (1848) et Boula à Lifou (1851) permit aux teachers Tataïo et Fao de s’implanter définitivement. Plus tard, des pasteurs européens s’installeront à Ouvéa, en 1856. 

À cette époque, les autochtones utilisaient leur langue maternelle et, au besoin, le bichlamar, un pidgin anglo-mélanésien utile pour communiquer avec les commerçants ou entre les divers peuples mélanésiens. Les missionnaires protestants ont privilégié quelques-unes des langues autochtones afin de mieux évangéliser les «indigènes» — comme on appelait les Kanaks à l’époque — des îles : le drehu à Lifou, le nengone à Maré et le iaaï à Ouvéa, tandis que les missionnaires catholiques préférèrent le français.

Le succès rencontré par les missionnaires protestants explique que les îles Loyauté sont, aujourd’hui encore, à forte majorité protestante et que de nombreuses traditions restent vivantes (religieuses, culinaires ou sociologiques, mots d’origine anglaise dans les langues des îles, jeu du cricket...).

      

Institutions

Les îles Loyauté comprennent trois îles principales érigées en communes : Lifou, Maré et Ouvéa, ainsi qu’une île plus petite, Tiga. Le chef lieu de la province est situé à Wé (Lifou).

Depuis 1989, l’ensemble est organisé en une province dont l’assemblée compte 14 membres élus au suffrage universel, dont 7 siègent au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Les membres des assemblées provinciales sont élus pour cinq ans au scrutin de liste à la représentation proportionnelle. Les provinces ont une compétence de droit commun.

La province des îles Loyauté est composée de trois aires coutumières : Iaaï (Ouvéa), Drehu (Lifou), Nengone (Maré), qui disposent chacune d’un conseil coutumier, dont la composition est fixée selon les usages propres à la coutume.
Le conseil coutumier peut être consulté par le Sénat coutumier sur toute question dont celui-ci est lui-même saisi. Il peut être également consulté par le haut-commissariat, le gouvernement, le président d’une assemblée de province ou un maire. Il peut également être consulté par toute autorité administrative ou juridictionnelle sur l’interprétation des règles coutumières.
Deux représentants de chaque aire coutumière siègent au Sénat coutumier, dont le siège se trouve à Nouméa. Le Sénat coutumier est l’assemblée des différents conseils coutumiers du pays kanak. Il est obligatoirement interrogé sur les projets de délibération de la Nouvelle-Calédonie ou d’une province intéressant « l’identité kanake », au sens de l’accord de Nouméa. Un nouveau président est désigné chaque année au mois d’août ou de septembre, en fonction du principe de la présidence tournante entre huit aires coutumières

  

Archéologie

Le site de Hnakudotit à Maré : Dans la langue de Maré, le nengone, on l’appelle « là où l’on a buté les roches ». Il s’agit d’une structure de type monumental, faite à partir de blocs de corail, dont la construction remonte à deux mille ans. Ce site, du nom de « Hnakudotit », est un quadrilatère non fermé aux dimensions imposantes. Les murs de cette structure, haute d’environ 4 mètres, sont d’une épaisseur moyenne de 10 mètres. L’ensemble du site, qui se compose d’un grand mur en forme de U et de deux prolongations en forme de L, fait 180 mètres de long sur 145 mètres de large.
Situé près de La Roche, Hnakudotit est le fruit d’un chantier qui a dû être très organisé. À proximité de l’actuel centre culturel Yeiwéné Yeiwéné, le marcheur pourra ainsi apercevoir des sentiers qui ont servi à l’acheminement des blocs coralliens, dont certains pesaient jusqu’à plusieurs tonnes. La disposition de ces murs obéit également à une architecture interne. Les plus importants blocs de corail sont disposés sur les faces internes des quatre portes de l’édifice. De la même manière, on peut apercevoir des pierres de grosse taille sur les murs extérieurs. La grandeur de ces blocs à ces endroits peut être interprétée comme une marque de prestige, destinée à impressionner le nouvel arrivant.

Des tessons de poteries mis au jour : Jusqu’au début des années 1990, le site n’avait fait l’objet d’aucune réhabilitation. Les blocs de pierre s’écroulaient, la végétation gagnait du terrain et les champs cultivés fleurissaient à l’intérieur de l’enceinte. En 1993 et 1994, le département archéologie de Nouvelle-Calédonie a mené ses premières études et a rénové partiellement cette structure monumentale. Les archéologues ont retrouvé des restes de squelettes humains, des tessons de poteries et des déchets de coquillages. La datation de certains vestiges coquilliers a permis de remonter l’histoire jusqu’à la fin du premier millénaire avant J.-C. D’après le résultat des fouilles, cette construction monumentale devait avoir un rôle défensif dans cette plaine où il n’existait aucun abri naturel. En plus des murs fortifiés, les archéologues ont mis au jour un fossé d’une douzaine de mètres de large placé tout le long de la partie ouverte du quadrilatère.
Science et histoire rejoignent ainsi la tradition orale. À Maré, au moins deux récits expliquent que ces murs de pierre servaient de refuges de guerre. Ils auraient été créés par des génies qui se seraient livrés à un concours. Les esprits de la Roche l’auraient emporté face à leurs adversaires. La construction de Hnakudotit est en effet, dans la réalité, plus imposante que « Waninetit » ou « le mur de la main droite ». Cette construction voisine comprend, elle, deux enclos dont les murs sont moins hauts et moins épais.

Les falaises de Jokin à Lifou : En dehors de Maré et de ses constructions monumentales, le patrimoine archéologique aux Loyauté ne s’offre pas facilement au touriste. Il suffit pourtant d’un autre regard sur ces îles pour déceler la présence de l’histoire. Dans des abris de plateaux coralliens surélevés, il est possible de trouver d’anciennes sépultures, comme sur les falaises de Jokin à Lifou. Les dépouilles mortuaires pouvaient également être laissées à l’intérieur d’une grotte. Elles étaient disposées sur un radeau ou à l’intérieur de la coque d’une pirogue. Cette tradition funéraire, qui s’est développée pendant le deuxième millénaire après J.-C., est encore visible aujourd’hui aux Loyauté.
Les grottes aux Loyauté sont des lieux importants de l’archéologie. Très fréquentées dans les temps anciens, peut-être pour des rites initiatiques, elles recèlent des traces datant de la préhistoire. C’est le cas de la grotte de Wanaham, à Lifou. Dans cette cavité, qui occupe une place importante dans la tradition orale, on a trouvé des traces de présence humaine remontant à 700 ans avant J.-C. Deux salles regorgent de dessins réalisés avec du corail de couleur orange et du charbon. Les parois sont ornées de plus de deux cents mains, sans compter la représentation de poissons, de tortues et d’oiseaux. Des gravures aux motifs d’étoiles et aux formes géométriques ont également été relevées dans cette grotte de Wanaham, située juste en dessous de la seule piste d’atterrissage de Lifou.

  

 

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