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Prochaine édition : 5 au 8 mai 2017

La Fête de l'Avocat se déroule chaque année dans la tribu de Nece, à Maré. Evénement désormais incontournable en Nouvelle-Calédonie, cette fête permet de valoriser le travail des agriculteurs et propose, à travers l'accueil chez l'habitant, un séjour basé sur l'authenticité.

Historique

Au début des années 1990, quelques cultivateurs (MM Wayaridri, Cawidrone, Urene...) décident d'organiser une petite fête, toute simple, en l'honneur de l'avocat, au Nord de l'île de Maré. L'année suivante, le grand chef du district de Guahma, Nidoish Naisseline, les convie à se regrouper et leur propose le site de Nece (Wacaele, le «corail», pour les anciens). Malgré une très courte préparation, l'événement remporte un franc succès. La Fête de l'Avocat est née. Elle prendra vite une ampleur inattendue. Pour être aujourd'hui inscrite dans le calendrier des festivités incontournables de Nouvelle-Calédonie, au même titre que la Foire de Bourail. Son objectif : valoriser, à travers une manifestation fraternelle, le fruit du travail des agriculteurs, prouver que la coutume ne constitue pas un frein au développement et, bien entendu, asseoir la renommée de l'avocat de Maré au-delà des frontières de l'île loyaltienne.

Accueil chez l'habitant

Ne pas copier ce qui se fait ailleurs, privilégier l'authenticité et montrer aux invités venus de la Grande Terre ou de Métropole, comment vivent les gens en tribu, tel est le credo des organisateurs. La Fête de l'Avocat honore la rencontre entre les habitants de Nece et les visiteurs (ici, on n'emploie pas le mot de «touristes»), reçus en amis chez l'habitant. Et à Nece, le sens et la qualité de l'accueil ne sont pas une légende. «C'est la cinquième fois que je participe à ce genre de fête événementielle, témoigne une visiteuse. J'ai toujours un peu peur que ce soit artificiel et touristique, mais à chaque fois je suis ébahie par l'authenticité de l'accueil et la gentillesse des gens».
Le nombre de personnes est limité à 300. Ils sont légion à «envahir» les cases de Nece, mais aussi des tribus de Mebuet, Padawa et Tuo. Pour la petite histoire, c'est cette dernière qui s'est lancée la première, au cours des années 1980, dans l'accueil chez l'habitant. D'autres tribus voisines pourraient s’associer à la fête au cours des prochaines éditions.

Organisation

Douze personnes œuvrent durant six mois à la préparation de la fête. Toutes de Nece. Elles se répartissent les tâches, les responsabilités. L'hébergement, les transports, les dégustations, la cueillette... Le comité Pahnamenenge («la tribu» en langue nengone, littéralement «l'ensemble des maisons») travaille avec différents partenaires : l'association des pêcheurs de Maré, le GIE transport, la commune... Et puis la DIL, Destination Iles Loyauté, le «moteur» qui, à Nouméa, s'occupe de la promotion et de la communication de la fête, en collaboration étroite avec le comité. Elle propose des forfaits attractifs transport en bateau-hébergement et, sur place, différentes activités touristiques dépassant largement le cadre agricole.

« Les trois quarts des habitants de la tribu n'ont pas de salaire fixe, ils vivent de l'agriculture et de la pêche, explique Billy Lolohea, à la tête du comité. Pour eux, la Fête de l'Avocat est un moment très important. C'est aussi la fête de la solidarité ». Elle génère en effet des retombées directes pour les familles d'accueil, les cuisinières ou encore les transporteurs. L'événement a un coût de 6 à 7 millions de francs (environ 55 000 euros), pour un chiffre d'affaires double, réparti entre tous.

Ambiance

Papayes, bananes, pommes liane, taros, ignames - bien sûr -, patates douces..., outre l'avocat, de nombreux fruits et légumes garantis bio sont proposés sur les étals des exposants disposés devant la grande chefferie de Guahma. Il y a aussi les stands des pêcheurs, décorés de bossus, perroquets, vivaneaux ou langoustes. Les produits artisanaux (miel, sirops, flèches faîtières, chambranles...), où les vieilles apprennent les subtilités du tressage aux visiteuses et confectionnent avec elles des paniers en pandanus ou en feuilles de cocotier. Plusieurs stands de restauration et de nombreuses animations sur le podium géant (groupes de kanéka ou danses océaniennes) améliorent l'ordinaire. Sous les farés, d'autres personnes jouent à la belote, aux dominos ou... au bingo.

Clou de la fête, le repas-dégustation du vendredi midi, préparé avec amour par les mamans de Nece. Un buffet pantagruélique, recouvert de salades variées à base d'avocat, de différents types de bougna, et d'une farandole de desserts dont une tarte à l'avocat. Plus loin, une roulotte où l'épouse du grand chef réserve aux initiés son célèbre milk-shake à l'avocat. Inutile de lui demander sa recette, un secret doit rester un secret! Seul indice : du miel à la place du sucre.

Activités

La journée du samedi est consacrée à de nombreuses activités de découverte. Plongée palmes-masque-tuba sur les patates de corail au large de Nece, balade en bateau, mini-concours de pêche au gros, circuits autour des principales curiosités de Maré (trou de Bone, saut du guerrier, aquarium naturel, plages de Cengeite et de Wabao, grottes de Padawa, église de La Roche...) ou encore randonnées pédestres : Eoce à Roh, Pawaguam à Nece, et Ascicen, au Nord de Nece. Cette dernière se fait dans les pas de papa John, un des «gardiens de la forêt». Il vous raconte les légendes des vieux et du caillou tabou, vous montre les nombreux pièges à crabes de cocotier posés tout le long du sentier corallien, les ruches géantes accrochées à la falaise, vous explique que tous les tas de bois disposés près du chemin rendent hommage à l'esprit des ancêtres. La balade longe une falaise creusée de grottes plus ou moins profondes, parfois dissimulées par des rideaux de racines de banian qui dégringolent sur toute sa hauteur. Au sommet, la vue sur la canopée mérite une petite halte.

Culture de l'avocat

L'avocat est devenu le fruit emblématique de Maré. Originaire d'Amérique du Sud, la variété locale a été acclimatée en Nouvelle-Calédonie en 1863 par Evenor de Greslan, un colon réunionnais. On l'appelle aussi l'«avocat beurre» dont il a la couleur et le goût. C'est le préféré des Maréens, le plus cultivé. Il pousse partout, devant chaque maison. La culture de l'avocat a pris son essor au début des années 1980. L'époque des premiers vergers. « On a fait venir une cinquantaine de variétés de la Martinique, originaires du Mexique, du Guatemala, se souvient le pépiniériste Sylvain Urene. La choquette, la hall, la fuerte, la nishikawa... et on les a simplement greffées sur d'autres espèces ». Aujourd'hui, impossible d'en connaître le nombre. Entre les précoces, les tardives, les pleine saison... À Maré, contrairement à la Grande Terre, ce fruit n'est pas difficile à cultiver. Ici, les sols très calcaires et drainants en facilitent le suivi, peu exigeant. Ici aussi, les pesticides sont bannis, «sauf en cas d'attaques très sévères des punaises, lorsque le fruit est encore jeune». La plupart des variétés parviennent à maturité en mai. D'où l'organisation de la fête à cette saison.

Production et écoulement Le rendement moyen peut s'élever à 5 tonnes/hectare. La vingtaine de vergers de Maré produisent chaque année entre 30 et 40 t. Il faut y ajouter tous les avocats directement consommés par les familles et non commercialisés. Avant la Fête, le comité organisateur écoule une partie de la production dans les grandes surfaces de Nouméa et lors des Jeudis du centre-ville. La capitale est approvisionnée en avocats maréens d'avril à septembre. Aucun autre débouché pour l'heure. L'export ? Selon la Province des Iles Loyauté, « il faudrait d'abord mettre en place une stratégie, explorer les marchés, et améliorer la qualité; l'exportation, c'est fragile, si on investit c'est sur du long terme ».

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