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Prochaine édition : 14 au 16 juillet 2017

À l'est de Maré, près de La Roche, le district de Tawainedr organise chaque année en juin la Fête du Ura. Elle célèbre l'abondance des produits de la terre et de la mer, et doit son nom à une source d'eau douce qui jaillit en mer, au pied des falaises de Dranin, non loin de la tribu.

Rendez-vous à Tawainedr

Le premier grand marché du Ura s'est tenu en juin 2002 à la tribu de Wakone dans le district de Tawainedr, à l'est de Maré. Depuis, chaque année à la même période – et juste avant la fête du wadrawa (igname du chef) qui a lieu en juillet à Penelo, un peu plus au sud –, il est devenu le rendez-vous incontournable du monde agricole maréen. Le marché, qui a ensuite migré – pour ne plus en bouger – vers la tribu de Tawainedr, est porté par un comité de pilotage et chapeauté par le comité de foire de Maré. Il bénéficie du soutien de la commune et de l'accompagnement de la Province des Iles Loyauté, ainsi que de l'appui technique du syndicat d'initiative.

À partir de 2014, ce grand marché devient “Fête du Ura”, l'île de Nengone se dotant, comme Lifou, d'une troisième fête événementielle avec celles de l'avocat et du wajuyu. Les organisateurs misent sur la DIL (Destination Iles Loyauté) pour assurer la promotion du district de Tawainedr et se faire l'ambassadeur de la fête. Pendant ce temps, les habitants se préparent à accueillir les visiteurs chez eux, sous la case traditionnelle.

Un symbole d'abondance

En langue nengone, “ura” signifie “l'eau qui jaillit”, “la source”. À proximité de Tawainedr, au large des falaises de Dranin, il existe une source d'eau douce dont la particularité est de jaillir du fond de la mer. « À l'époque où il n'y avait encore ni citernes ni système d'adduction d'eau, les vieux allaient à marée basse puiser l'eau à cette source, explique Djamy Wauté, professeur documentaliste au collège de Tadine et membre du comité du marché du Ura. Il leur fallait traverser la forêt le long d'un chemin accidenté, descendre la falaise, puis l'escalader au retour chargés de bonbonnes d'eau ; une sacrée gymnastique ! ».

Par extension, “ura” renvoie également au filet des pêcheurs dans lequel les poissons (wiwas, dawas…) attirés par la source se font prendre au piège. Une source qui, depuis les temps anciens, ne s'est jamais épuisée, continue à sourdre de l'océan. Tawainedr a repris à son compte cette symbolique de l'abondance pour caractériser la production, marine et agricole, qui, elle aussi, semble intarissable dans un district béni des dieux, tout à la fois terre et mer nourricières pour ses habitants. On dit souvent qu'il constitue le poumon, le grenier agricole de l'île de Maré. C'est pour cette raison qu'à la Fête du Ura, « on trouve depuis toujours tout ce que l'on recherche, aussi bien en produits de la terre que de la mer », comme l'affirme Djamy. Légumes, fruits, tubercules, poissons, coquillages ou crustacés. D'ailleurs, les principaux marchés de Maré, ceux de La Roche et de Tadine, ainsi que les fêtes du wajuyu et de l'avocat, sont alimentés en grande partie par les mamans et les grands-mères du district de Tawainedr. Enfants et petits-enfants suivent l'exemple. De nombreux garçons et filles possèdent très tôt leur propre champ, qu'ils cultivent religieusement, sur les traces de leurs aînés.

 

Rencontre et partage

Destinée à valoriser les produits du terroir, la Fête du Ura représente d'abord un lieu de rencontre, d'échanges et de partage. Pour les trois tribus du district, d'abord – Tawainedr et, tout au nord vers le cap Coster, Wakone et Hnadid –, mais aussi pour tous les producteurs de l'île. Maré est une terre d'agriculteurs réputés pour travailler d'arrache-pied et fournir des produits d'excellente qualité, fruits de leur labeur et de leur sueur. La conviviale Fête du Ura leur permet de se retrouver, de confronter leur savoir-faire et d'écouler leurs richesses tout en bénéficiant d'un apport financier non négligeable.

Au programme

Du vendredi au dimanche, la fête se déroule sur le site éponyme de Ura, à l'entrée de la tribu de Tawainedr (en venant de La Roche), à l'emplacement du terrain de football et du plateau sportif. Une quarantaine de stands proposent toute une gamme de produits vivriers, maraîchers et marins : fruits tropicaux, légumes variés, plantes, fleurs, langoustes, vivaneaux, etc. Une véritable corne d'abondance à laquelle visiteurs et touristes viennent s'abreuver. Les produits présentés sont primés à travers différents concours : celui du plus gros taro, de la plus belle igname ou encore du régime de bananes le plus impressionnant. Outre les stands de restauration et de produits artisanaux (pain marmite, confitures, tartes, achards…), divers exposants attendent les invités : sculpteurs, spécialistes de la distillation du bois de santal, mamans tresseuses d'objets en cocotier, pandanus ou bambou… Ou encore cette habitante de Tawainedr qui fournit à la ligue calédonienne de cricket des balles qu'elle fabrique elle-même à partir de résine de banian.

De nombreuses animations

Danses culturelles exécutées par différentes tribus de Maré, chant choral, prestations musicales avec la participation de jeunes du district habitant Nouméa, courses cycliste et pédestre pour adultes et enfants, tournois de football, volley-ball et cricket, élection de la miss Ura et de la maman la plus glamour…, les animations ne manquent pas tout au long des trois jours de fête. Au fil des éditions, les organisateurs ont pris conscience du potentiel touristique des environs de Tawainedr. À proximité se dressent le fameux Saut du guerrier, mais aussi, moins célèbre, le Trou du (même) guerrier. C'est ici que Hnor aurait caché, sous un énorme rocher, les membres du clan Si Hnathege pour les soustraire à la férocité du clan Si Gurework. La proche région recèle d'autres trésors à révéler aux visiteurs : le village et la forteresse de La Roche, des vanilleraies comme celle de Rawa, la plage de Patho…

À la source de Dranin

Mais l'activité la plus caractéristique de la Fête du Ura reste la découverte de la source d'eau douce qui a donné son nom à l'événement. Il s'agit d'une randonnée d'environ trois kilomètres (aller) à travers la forêt, sur un chemin escarpé qui file vers l'est-sud-est de la tribu de Tawainedr jusqu'à Dranin (prononcer “Djanine”). « La descente de la falaise se fait presque en rappel, détaille Djamy. Elle débouche sur une belle cocoteraie et une très jolie plage de quelque 300 m de long ». Plusieurs conditions doivent être réunies pour pouvoir observer la source : une marée basse, bien sûr, une mer calme et un vent modéré. Sans oublier un bon guide et un œil averti. « En langue, on appelle “wapep” l'endroit où l'eau douce se mélange à l'eau salée pour former une eau saumâtre », précise Djamy. Le clan de la mer est le gardien du site du Ura, cette source qui, depuis l'origine des temps, apaise la soif des habitants de Tawainedr.

Ura ou taro d'eau

“Ura” est également le nom maréen d'une variété de taro d'eau. De la famille des Aracées (qui regroupe aussi l'arum ou le philodendron) et vraisemblablement originaire d'Inde ou de Birmanie, cette plante-racine (Colocasia esculenta) introduite en Nouvelle-Calédonie vers 1000 avant Jésus-Christ, se cultive en zone tropicale humide. Son précieux rhizome tubéreux constitue une ressource alimentaire essentielle en Afrique, Asie et Océanie. C'est, avec l'igname, l'aliment traditionnel de base de la population kanak. Riche en amidon, fibres, sels minéraux et vitamines, il se consomme exclusivement cuit (cru, il est toxique) et se prépare comme une pomme de terre (frit, gratiné, en salade, purée…). Alors que l'igname est associée à l'homme, le taro est un symbole féminin. Il représente l'humidité, la pluie qui rend la terre féconde, la création… Tout comme l'ura de Dranin, où s'établirent les premiers peuplements de Maré. Le site originel où jaillit l'eau source de vie, l'endroit où elle coule aujourd'hui et coulera encore demain…

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