fete du wajuyu 01

Prochaine édition : du 10 au 12  novembre 2017

100 places disponibles / forfaits bateau Betico classe "confort"

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Créée en 2006 à l'initiative des pêcheurs de Maré, la Fête du Wajuyu célèbre chaque année autour du 11 novembre le seul poisson que les vieux de Nengone pêchaient en dehors du lagon: le vivaneau. Elle se déroule à Roh, tribu qui a vu grandir une grande lignée de pêcheurs...

 

«Le vivaneau de la paix»

Le «wajuyu» (prononcer «oua-djiou-iou») est le nom maréen du vivaneau. Ce poisson de profondeur, à la chair très estimée, est célébré chaque année depuis 2006 par la tribu de Roh, au Nord-Ouest de Maré. Le souvenir de l'Armistice du 11 novembre 1918 est l'occasion pour les organisateurs de fêter «le vivaneau de la paix, de la réconciliation, de l'amour et de la convivialité». « Nous avons voulu lancer cette fête pour faire la promotion de ce produit phare et valoriser le savoir-faire des pêcheurs », explique Charles Wamejonengo, président de l'Association des pêcheurs de Maré (APM).

Avec l'aide financière et logistique de la commune et de la Province des Iles Loyauté, le comité organisateur que préside également M. Wamejonengo a rapidement trouvé son rythme de croisière. La Fête du Wajuyu se tient donc à Roh, réputée pour abriter d'excellents pêcheurs, et rend hommage au vivaneau, le seul poisson de profondeur que les vieux Maréens avaient l'habitude de traquer en dehors du lagon. « Bien avant qu'il ne devienne un poisson commercialisé et très prisé des restaurateurs, nos vieux connaissaient les "récifs" à vivaneau, témoigne Basile Citré, maire de Maré. D'ailleurs, avec les moyens modernes comme le GPS et les sondeurs, on le pêche aujourd'hui aux mêmes endroits! ».

Aux couleurs du marché

À l'issue des coutumes et des discours des officiels, la Fête du Wajuyu peut démarrer. Chants, concerts de kanéka et danses traditionnelles se succèdent sur le podium durant trois ou quatre jours. Les étals du marché croulent sous les produits de la terre: citrouilles, ignames, bananes poingo, choux kanak, patates douces, chouchoutes, aloé vera, papayes, canne à sucre, «wael» (variété d'ignames très sucrées comme le «walei» d'Ouvéa), graines de «haricots quatre coins» et même pop corn. Une dame du clan Simoacace (tribus de Wabao et Cengeite) a préparé des sucettes de prunes séchées salées au caramel et de graines noires de vanille au coco râpé, ainsi que du jus de corossol. L'association «Vanille no Nengone» propose, outre de la vanille, des paniers et des fleurs en pandanus, et un sculpteur présente des flèches faîtières et des chambranles. Pendant que les jeunes et certains visiteurs participent à un tournoi de volley-ball, les anciens jouent à la belote à l'ombre d'une bâche.

Une seule consigne du côté des stands de restauration: avoir mijoté des plats à base de produits de la mer. Au menu, du vivaneau conjugué à toutes les sauces: en carry au coco, en papillotes, frit, ou encore au four comme les anciens le consommaient traditionnellement. À l'heure du déjeuner, le vieux Kaloi Cawidrone, de la tribu voisine de Tenane, lit quelques contes de Nengone: le crabe de cocotier et le bernard l'ermite, l'histoire de la pieuvre qui mangeait les enfants, ou encore celle du Diable et de la grand-mère...

«Pour un avenir sans diabète»

L'Association des diabétiques de Nouvelle-Calédonie participe à toutes les fêtes événementielles organisées aux Loyauté. Conduites par Claude Gambey, directeur de l'Action communautaire et de l'action sanitaire de la Province des Iles, quelques dizaines de personnes ont parcouru à pied et en tee-shirt blanc les 30 km qui séparent Tadine de Roh. Comme auparavant à Lifou et Ouvéa. Leur objectif, sensibiliser la population aux dangers d'une alimentation trop riche en sucres, et encourager les jeunes à consommer des produits naturels... des fruits, du lait de coco ou... du vivaneau, un poisson sain, diététique et facile à cuisiner. Leur leitmotiv, «pour un avenir sans diabète».

Accueil authentique

« "Si vous allez à Rome vivez comme les Romains", a écrit l'apôtre Paul aux chrétiens d'Ephese. Alors vous, amis visiteurs, qui venez à Roh, vivez comme les habitants de Roh... » À peine arrivés sur le site, les quelque 200 visiteurs venus en bateau de Nouméa sont invités à savourer un buffet somptueux préparé par les mamans de Roh. Langoustes, vivaneau bien sûr, poissons du lagon, salades de légumes et de fruits à volonté. Une dégustation rythmée par les danses de bienvenue d'une troupe de Hnawayace.

À l'issue de ce repas, chacun est conduit dans sa famille d'accueil. À Roh même, mais aussi dans les tribus voisines de Tenane, Wakuarori et Hnawayace. L'accueil se fait sous la case, pour une plus grande authenticité et des moments de partage inoubliables, au contact du mode de vie traditionnel des Loyaltiens. Lors de la Fête du Wajuyu, les organisateurs proposent un forfait de trois (ou quatre) jours comprenant le transport aller-retour depuis Nouméa à bord du Betico, le logement pour deux (ou trois) nuits avec petit déjeuner, ainsi que le transfert aller-retour du quai de Tadine jusqu'au lieu d'hébergement.

À la carte

Les randonneurs, de leur côté, ont le choix entre deux balades. D'abord le sentier de Roh, à l'intérieur de la tribu. Au programme, le monument dédié à l'arrivée de l'Evangile en 1841, le trou à tortues et la légende du poulpe et du rat. Ensuite, une belle promenade le long de la falaise jusqu'à la très jolie plage d'Eoce. Soit à la demi-journée avec retour en bateau, soit pour la journée entière.

Quant aux moins sportifs et à ceux qui découvrent l'île de Maré, ils peuvent opter pour deux circuits en minibus: le Sud (grottes de Padawa et de Pethoen, grande chefferie de Nece, plages de Mebuet et Yejele, aquarium naturel de Tadine...) ou le Nord (trou de Bone, centre culturel Yeiwene, église de La Roche, saut du guerrier...). L'idéal étant de choisir une activité différente tous les jours... Maré est si belle.

Enfin, comment ne pas le signaler, deux jeunes de la tribu de Kurine, au Sud-Est de l'île, enregistrent les inscriptions pour LA randonnée à ne rater sous aucun prétexte. Celle qui conduit aux si belles et si sauvages terrasses de Shabadran. Un site et des paysages absolument uniques en Nouvelle-Calédonie... Le joyau de Nengone.

Un poisson difficile à pêcher

Pour que la fête soit réussie, les pêcheurs de l'île ont ramené de leurs dernières sorties en mer près de 800 kg de vivaneau. En Nouvelle-Calédonie, la pêche côtière a connu son heure de gloire au début des années 1990. Une douzaine de navires exploraient alors les pentes récifales externes et les monts sous-marins à la recherche de ce poisson de qualité, noble, difficile à capturer surtout par grosse mer. À Maré, la dizaine de pêcheurs professionnels (dont la moitié de Roh) utilisent des embarcations de 6,50 m équipées d'un treuil électrique et de deux ou trois lignes munies chacune de quatre ou cinq hameçons. Des morceaux de thon ou de bonite constituent un bon appât. Nul besoin de naviguer longtemps... à quelques centaines de mètres de la côte on atteint déjà les grands tombants. En fonction des espèces, le vivaneau s'attrape entre 80 et 500 m de profondeur. Les pêcheurs partent vers 4 h du matin et rentrent en fin d'après-midi.

Chien rouge, poulet, lantanier...

Il existe plusieurs variétés de vivaneaux. Les plus petits, comme le «poulet», le «rose» ou le «cerf-volant». Le «lantanier», couleur violette et gueule moins arrondie que ses congénères. Et les deux espèces les plus recherchées, le «chien rouge» et «la flamme». Ces deux-là, qui évoluent entre 350 et 500 m, présentent les meilleures qualités gustatives. Le chien rouge peut accuser jusqu'à 30 kg sur la balance. Quant au vivaneau la flamme, qui doit son nom à la forme allongée des lobes de sa queue, il est particulièrement prisé à Hawaii et au Japon.

L'aide de la Province

Créée en 2003, l'Association des pêcheurs de Maré achète aux pêcheurs les poissons pélagiques (marlin, thon, tazar, bonite, mahi-mahi...) et de profondeur (vivaneau, bossu...) capturés à la ligne et à la traîne. Elle les revend ensuite aux deux collèges (1 000 darnes par semaine) ainsi qu'à la Cuisine centrale qui fournit les écoles de l'île.

De son côté, la Province des Iles a toujours beaucoup investi dans la filière, à travers le financement d'une dizaine de bateaux, l'aide d'un technicien qui conseille et accompagne les pêcheurs, des mesures incitatives (prime de tonnage, remboursement de 40 % des frais de carburant...) ou encore la mise à disposition d'un animateur qui forme aujourd'hui les jeunes et tente de susciter les vocations. Mais pas facile de transformer pêche de loisirs en pêche véritablement professionnelle... La mise en place, prévue pour mars 2013, d'une unité de conditionnement des produits de la mer (UCPM) à Tadine, toujours à l'initiative de la Province, devrait relancer la filière. Comme à Lifou et Ouvéa, l'UCPM sera chargée de collecter le poisson, de le traiter et de le commercialiser.

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