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Prochaine édition : 9 au 11 juin 2017

Ouvéa organise chaque année sa Fête du Lagon. L'occasion, pour tous les pêcheurs de l'île, de démontrer leur savoir-faire. Et, pour les nombreux visiteurs, de goûter un poisson réputé sans «gratte» qui fait la fierté de Iaai.

Historique

La première Fête du Poisson a été organisée dans la tribu de Banoutr, au centre de l'île. À l'initiative de Mathias Waneux, alors responsable de l'antenne de la Province des Iles à Ouvéa, elle a cédé la place à la Fête du Lagon, toujours à Banoutr. L'idée est de promouvoir la totalité des produits de la mer, de valoriser l'activité des pêcheurs, tout en sensibilisant le public à la préservation de l'environnement, du lagon en particulier. Les éditions suivantes se déroulent dans les tribus de Saint-Joseph (Nord), Mouli (Sud) et Hnyimaha (centre) en respectant la rotation : une fois dans le centre, une fois dans le Nord, une fois dans le Sud, et ainsi de suite.

Comme le souligne Maurice Tillewa, maire de la commune, « la Fête du lagon est toujours très attendue par la population ». « C'est l'occasion pour beaucoup de personnes de faire entrer un peu d'argent dans les foyers. Ceux qui accueillent les touristes chez eux, comme l'ensemble des pêcheurs d'Ouvéa qui, durant trois jours, viennent se rencontrer, échanger et vendre leur poisson. »

Organisation

Jean-Jacques Oïné, animateur communal, a succédé à Mathias Waneux à la tête de l'association «Fête du Lagon»: « Recherche des partenariats, demandes de subventions (mairie, Province...), réunions avec la tribu d'accueil qui met en place son comité, réunions avec les paroisses... il faut environ trois mois pour préparer cet événement ». Le principal poste de dépenses (et source de casse-tête!) concerne les transports. Surtout lorsqu’une importante délégation d'artistes débarque de la Grande Terre ou de l'Ile des Pins. De son côté, Destination Iles Loyauté (la DIL) s'occupe de la promotion de la fête, en étroite collaboration avec les organisateurs. C'est elle qui fait venir les touristes sur Ouvéa. Les visiteurs (plus d'une centaine en moyenne) sont logés en case chez l'habitant, dans une des tribus du secteur. L'occasion pour la population ouvéenne de partager sa culture le temps d'un week-end.

Progressivement, la Fête du Lagon est montée en puissance, attirant à chaque fois de plus en plus de participants. Informer, communiquer, échanger… les organisateurs n’oublient pas les jeunes :

« Nous voulons mettre en avant les projets éducatifs, les informations sur la santé, le sport, explique Jean-Jacques Oïné, amener les jeunes à intégrer ces grandes fêtes et à devenir autonomes ».

Ambiance

La Fête du Lagon démarre le vendredi matin. Journée de coutumes, de découverte, de prise de contact. De nombreux habitants sont encore au travail, le gros du public rejoindra le site le samedi et le dimanche. Outre les groupes musicaux et les troupes de danse (traditionnelles kanak ou polynésiennes) qui se succèdent sur scène, la principale attraction se trouve de l'autre côté de la route, sur la plage, avec le début du concours de pêche, par équipe de trois, ouvert à tous les pêcheurs de l'île d'Iaai. Départ à 16 h, retour vers 22 h. Ils rapporteront plus de 700 kg de poisson. De quoi alimenter les cinq stands de restauration (tribus de Hnyimaha, Wadrilla, Banoutr, Fayaoué et Houloup) qui, le lendemain, se lancent à leur tour dans un concours de plats culinaires, suivi d'une dégustation fort appréciée.

Poisson emblématique d'Ouvéa, réputé pour sa chair et son goût, le bec-de-cane y est accommodé à toutes les sauces: en salade, frit, fumé, en brochettes, en rillettes, en beignets ou encore en curry au coco. L'occasion pour les spécialistes de l'action sanitaire et sociale de rappeler les vertus du poisson, sa richesse en protéines, fluor, calcium, vitamines C et D. Autres concours du samedi, celui du plus beau stand et l'élection de Miss Lagon. Sans oublier les activités proposées par le Centre d'animation nautique (voile, canoë) et les démonstrations d'artisanat (métier à tisser, bouteilles de sable ou encore confection de chapeaux en pandanus). Le dimanche clôt la fête avec un mini-marché et un bougna géant.

Accueil chez l'habitant

Lors de la Fête du Lagon, l'association organisatrice propose des forfaits de trois jours comprenant le transport aller-retour en avion depuis Nouméa, le logement pour deux nuits avec petit déjeuner, ainsi que le transfert aller-retour de l'aérodrome de Houloup jusqu'au lieu d'hébergement. Celui-ci se fait chez l'habitant, sous la case, dans la tribu accueillante et aux alentours. C'est, pour le visiteur, l'occasion de découvrir le mode de vie traditionnel des Loyaltiens, de s'imprégner d'une nouvelle culture. Et, pour les personnes qui offrent l'hospitalité aux touristes, la possibilité de partager leurs coutumes et de démontrer l'authenticité de ce type d'accueil.

Activités

Tout au long des trois jours, de nombreuses activités de découverte sont proposées au stand de la DIL. Et les carnets de réservation affichent complet! Les touristes qui ne sont jamais venus à Ouvéa optent souvent pour un tour de l'île en minibus. Au programme, les principales curiosités de Iaai: les plages et le célèbre pont de Mouli, la grotte de Houloup, le trou bleu d'Anawa, la savonnerie de Wadrilla... Autres possibilités, l'excursion en bateau à fond de verre prolongée par une petite randonnée au pied des falaises de Lékine, la visite d'une vanilleraie à Houloup, ou encore une balade sur le lagon, direction les belles et sauvages Pléiades du Sud et Pléiades du Nord. Comme le résume monsieur le maire, « avec ses couleurs chatoyantes, son climat exceptionnellement clément, l'hospitalité naturelle de ses habitants et l'inscription de l'intégralité de son lagon au Patrimoine mondial de l'Humanité en juillet 2008, Ouvéa justifie pleinement son surnom d' "île la plus proche du paradis" ».

Poisson sans gratte

La ciguatera, communément appelée « gratte », est une maladie due à une toxine sécrétée par des algues microscopiques proliférant dans les récifs coralliens endommagés. À Ouvéa, le poisson est réputé non gratteux, ce qui en fait un produit très recherché à Nouméa. Le plus courant et le plus facile à pêcher (à la ligne) est le bec-de-cane, juste devant la loche bleue. Il se déplace en bancs très mobiles, d'où la nécessité d'effectuer plusieurs mouillages au cours de la nuit. Le lagon regorge aussi de blancs-blancs, bossus, maquereaux ou picots, pris au moyen d'une senne déroulée à l'arrière du canot en aluminium; de sardines, prêtres ou mulets généralement attrapés à l'épervier, autre type de filet jeté depuis le rivage. Près des passes, à proximité du récif, les pêcheurs utilisent la technique de la traîne pour remonter au moulinet mékouas, bonites, brêmes olive ou thons.

Les autres produits de la mer

Lagon ne rime pas qu'avec poisson. Sur les stands, les visiteurs peuvent également déguster des crabes de palétuvier, les langoustes porcelaine de Saint-Joseph, les bénitiers de Fayawa, les palourdes de Hnyimaha ou encore une salade de trocas. Dès que la Fête du Lagon approche et qu'une marée basse s'annonce, Adèle et ses amis se dirigent vers la falaise de Houloup, une grosse marmite sur le dos. Une demi-heure de marche jusqu'au platier. Là, il suffit de se baisser pour ramasser les trocas, avant d'ébouillanter ces gastéropodes et de séparer la chair de la coquille. À préparer en salade, avec des tomates, des oignons verts et un jus de coco. Un délice...

Garde-manger

Le lagon constitue, selon la formule consacrée, le «garde-manger» des habitants d'Ouvéa dont la consommation annuelle de poisson s'élève à 45 kg par personne, soit plus du double de la moyenne calédonienne. Pourtant, les pêcheurs ne prélèvent que le strict nécessaire, de quoi remplir leur congélateur de temps en temps, et honorer les cérémonies coutumières. Ce que l'on appelle la pêche «de subsistance» ou «d'autoconsommation». De quoi aussi préserver la ressource. « Nous sommes les gardiens de ce patrimoine exceptionnel que nos vieux nous ont légué et que nous voulons offrir à nos enfants », affirme Mathias Waneux, aujourd'hui président de la Sodil (Société de développement et d'investissement des Iles Loyauté). La mise en place d'un comité de gestion participative, destiné à assurer l'intégrité du lagon d'Ouvéa dans le cadre de son inscription au Patrimoine mondial de l'Humanité, devrait contribuer à garantir la pérennité de la ressource en poissons.

Une unité de traitement

Ouvéa compte aujourd'hui quelque 150 propriétaires de bateaux de 3,20 m à 6 m (pêche lagonaire et traditionnelle) et une quinzaine de pêcheurs munis d'une licence professionnelle leur permettant d'exercer une activité (très réduite dans la pratique) en haute mer (pêche hauturière). À Takedji (Nord de l'île), la récente unité de conditionnement des produits de la mer (UCPM) a une triple mission : acheter le poisson entier et frais aux pêcheurs licenciés, le conditionner et l'écouler, auprès d’une poissonnerie, des collectivités, magasins, gîtes… Sur Ouvéa, mais aussi à Nouméa. Jusqu'à présent, chaque pêcheur se «débrouillait». Aujourd’hui, l'UCPM, projet initié par la Province des Iles Loyauté, leur garantit un prix plus attractif, espèce par espèce. À noter qu’une unité de même type existe également à Wé, sur l’île de Lifou.

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