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Prochaine édition : 28 au 30 juillet 2017

La Fête du Waleï est organisée chaque année à Heo, une tribu du district de Saint-Joseph, à Ouvéa. L'occasion, pour les nombreux invités, de découvrir le waleï, un tubercule souvent appelé «igname sucrée» et qui fait la fierté des cultivateurs du Nord de l'île.

Organisation

Manu Aliki («l'oiseau du chef») est le nom de l'association des femmes de Heo, à l'origine de la Fête du Waleï. Chaque jeudi, une vingtaine de mamans de la tribu se réunissent, organisent un grand marché, font de la couture, du tressage et du pain marmite. «Tous les produits phares d'Ouvéa étaient valorisés, sauf le waleï, explique Véronique Watiligone, présidente de l'association. Alors, nous avons décidé de mettre en place une manifestation annuelle à Heo pour promouvoir ce tubercule principalement cultivé dans le Nord de l'île, et valoriser ainsi le travail des agriculteurs».
Manu Aliki avance les fonds, les subventions des institutions - commune d'Ouvéa et Province des Iles -permettent au comité organisateur (une quinzaine de personnes) de mettre la manifestation sur pied, les bénéfices des trois jours de festivités sont ensuite redistribués à l'association des femmes. La Fête du Waleï est désormais inscrite sur le calendrier communal. Une belle récompense pour les habitants de la tribu de Heo, descendants des populations qui vivaient sur les îles Beautemps-Beaupré avant l'arrivée des missionnaires...

Ambiance

Tout au long des trois jours, de nombreux groupes de danseurs, de chanteurs et de musiciens se succèdent sur la scène géante ainsi qu'au pied du podium, sur un rectangle de sable. Invités par le comité, certains artistes sont venus de Lifou et même de la Grande Terre. Les organisateurs ont également prévu de multiples activités qui impriment un rythme soutenu à la fête. Concours de bûcherons armés de tamiocs (sabres d'abattis), tressage de paniers en feuilles de cocotier, élection de la Miss maman waleï, démonstration de confection du pain marmite (à base de farine de blé, de levure, de sel et d'eau malaxés dans une bétonneuse, puis cuit dans une marmite sur les braises d'un grand feu de noix de coco), épluchage et grattage de ces mêmes cocos..., mais aussi visite d'un champ de waleï tout proche ou de la distillerie de santal. Lors de chaque activité, les mamans de Manu Aliki, en robes mission vertes, ne se font pas prier pour danser, dans un tempo endiablé, au milieu des visiteurs.

À table!

Dissimulés derrière des rideaux de feuilles de cocotier, 25 stands colorés représentent les tribus du Nord d'Ouvéa. Ils ont pour nom Lalo Bonu Heo («en dessous du tronc de cocotier»), Morea, Cap Kennedy, Harizona, Kana Iny Mötr («la terre où on vit») ou encore Tramomötr, du nom de la racine piquante du waleï. Tous participent au concours culinaire. Un jury, composé en partie de visiteurs, fait le tour des stands, goûte les préparations, met des notes. Au menu, des tartes salées, des frites, des bougnas, des gratins, des boulettes à la viande ou au poisson haché... tous à base de waleï. Le seul stand Lau Waléï («la feuille du waleï») propose quinze plats différents ! Derrière le micro, Jean-Marie accompagne les membres du jury. Ce «volontaire à l'animation» crie, apostrophe, met l'ambiance. «Je considère que ça fait partie de mon travail coutumier.» D'autres stands vendent le fruit de leur labeur: des oranges, des citrouilles ou, comme la tribu de Teouta, des crabes de palétuvier. Et puis, bien sûr, chaque stand exhibe son plus gros waleï : des tubercules qui dépassent souvent les trois kilos.

Accueil chez l'habitant

L'objectif est également de fédérer autour de cette manifestation toutes les tribus du Nord d'Ouvéa : Heo, mais aussi Takedji, Gossanah, Mekili ou Weneki. Chaque année, les organisateurs proposent à une centaine de touristes des forfaits découverte de trois jours, comprenant le transport aller-retour en avion depuis Nouméa, le logement chez l'habitant pour deux nuits avec petit déjeuner, ainsi que le transfert aller-retour de l'aérodrome de Houloup jusqu'au lieu d'hébergement. Le visiteur peut ainsi découvrir le mode de vie traditionnel des Loyaltiens, s'imprégner d'une nouvelle culture. De leur côté, les personnes qui offrent l'hospitalité à leurs invités en profitent pour démontrer l'authenticité de ce type d'accueil en tribu.

Activités

Destination Iles Loyauté (la DIL) s'occupe de la promotion de la Fête du Waleï, en étroite collaboration avec les organisateurs. Sur place, son stand ne désemplit pas, les visiteurs s'y précipitent pour participer aux nombreuses activités proposées pendant ces trois jours. Le choix est varié : le classique tour de l'île en minibus pour ceux qui n'ont jamais foulé le sol d'Ouvéa ou les balades sur le lagon vers les belles et sauvages Pléiades du Sud ou du Nord. La traditionnelle découverte des emblématiques falaises de Lékine, en bateau à fond de verre ou à pied si la marée basse le permet, ou encore une petite promenade dans la forêt d'Ognat (pointe Nord-Est de l'île) à la recherche de la toute verte et endémique perruche d'Ouvéa. Plus inédite, la randonnée pédestre de Nimek, trois heures aller-retour depuis Saint-Joseph jusqu'à l'extrême Nord de l'île où se trouve la surprenante nurserie des requins...

Igname sucrée

Le waleï (waréi en français) est communément appelé «igname sucrée». Si on en rencontre un peu sur la Grande Terre et que des tentatives de plantation ont été menées à Maré et Lifou, ce tubercule pousse essentiellement à Ouvéa. Il est très répandu dans le Nord de Iaai où il jouit d'une bien plus flatteuse réputation - farineux, très sucré et pas du tout fibreux - que celui cultivé dans le Sud et le centre d'Ouvéa.
On rencontre sept variétés de waleïs. Les plus courantes sont le Sina (à la chair blanche), le Maingué (chair mauve) et le Bolok (sorte de gros Sina). Il existe aussi le Winia (originaire de Yaté), le Kayiha (chair mauve et tête un peu arrondie), le Waniahotr(petit et arrondi) et le Katifala (reconnaissable à sa très longue tige).

Culture

Le waleï apprécie tout particulièrement les sols argileux associés à des particules sableuses, caractéristiques du Nord d'Ouvéa. Sa récolte a lieu en juin et juillet. La majeure partie est consommée ou réservée aux cérémonies coutumières (naissances, mariages, deuils...) où le waleï sert de support de l'igname (il est placé en dessous d'elle). Le reste sert de semence pour la récolte suivante. La mise en terre se déroule en août et septembre et les semences sont plantées à une profondeur de 10 à 15 cm. Chaque petit waleï, chauffé par le soleil et arrosé par la pluie, donnera neuf ou dix mois plus tard une grappe d'une bonne demi-douzaine de tubercules de belle dimension. Un paillage (feuilles de cocotier ou de pandanus) permet de garder l'humidité, de limiter le développement des mauvaises herbes et d'empêcher le soleil de brûler les feuilles. Si le waleï se cultive de la même manière que l'igname, il se montre beaucoup moins fragile et bien plus résistant aux intempéries et aux maladies. Il nécessite par ailleurs très peu d'entretien.

Recettes

Le waleï constitue encore aujourd'hui la base de la nourriture à Ouvéa, en particulier dans le district de Saint-Joseph. En bougna, en friture (coupé en cubes, en rondelles ou en frites), cuit dans l'eau, en gratin, à la braise ou à la crème, il se consomme tous les jours et de multiples façons. Les anciens le mangeaient après l'avoir fait cuire dans l'eau avec sa peau (méthode «Omughnyn»), une tradition qui s'est perpétuée. On peut aussi le déguster «Toulou» (grillé dans sa peau), «Sosolo» (râpé), «Chalachala» (coupé en fines tranches, arrosé de lait de coco ou saupoudré de coco râpé, puis enveloppé dans des feuilles de cordyline), «Cidreuina» (enrobé dans du chou kanak et cuit à la braise) ou encore «Dodong» (cuit dans sa peau à l'intérieur d'un four traditionnel). Mais il existe bien d'autres façons de l'accommoder...

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