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 Présentation

Le nord de l’île d’Ouvéa est une longue procession d’îlots qui s’étirent dans le Grand Océan. Inscrit au patrimoine mondial de l’humanité depuis juillet 2008, le lagon de cet atoll aux parfums de Polynésie, offre les sensations intimes d’une terre encore vierge. Il faut y venir pour profiter librement de cette aération de l’âme que seuls les grands espaces procurent. C’est le moment d’aller avec Antoine vers la mangrove nourricière, la forêt sèche et la nurserie de requins. Un parcours de sable, de corail, de lumière et de vent. Le sentier longe les ondulations de la plage.

Nous quittons l’église de Saint Joseph. Malgré l’heure matinale, la mer et le ciel se mêlent dans une brume de lumière intense. La belle piste sablonneuse traverse une forêt sèche. Les couleurs vertes éclaboussent le ciel bleu. Quelques kilomètres plus loin, nous descendons sur la plage. En scrutant l’horizon lointain, le petit groupe déambule entre les flaques d’eau claires. Les vaguelettes viennent s’échouer sur les pieds des marcheurs. Si lumineux sous le soleil de l’aube, le sable chaud de la grande plage flamboie dans la brume de chaleur humide. Façonné par les vents et les courants marins, le ruban blanc sablonneux s’étire vers le ciel. Les fragrances d’une végétation encore humidifiée par la rosée matinale arrivent par bouffées avec la brise poisseuse. Les yeux vaquent dans le bleu des eaux et le vert des feuillages côtiers. Les pieds sont malmenés par le sable rêche et les débris de corail qui émergent.
L’éclat vert furtif d’une perruche d’Ouvéa (Eunymphicus cornutus uveaensis) posée sur une vielle souche, attire notre regard. Une tache rouge surmontée d’une étrange huppe lui fait une drôle de tête.
Vent et courant s’associent pour dévorer la plage. Les troncs noueux des arbres arrachés par les vagues de tempête , jonchent le sol sableux. Au bout de la plage, un chenal d’eau bleue barre la passage : le Hnymek. C’est l’entrée de la nurserie. Je marche dans l’eau qui coule hors de la lagune. Mes camarades ont-ils vu cette ondulation sombre et furtive qui glisse juste sous la surface ? Son aileron noir et humide brille en coupant le miroir du lagon. Il se dirige vers mes mollets le bougre… Mais au dernier moment, il fait volte face et s’enfuit d’un vigoureux coup de queue. Des instants de nature inoubliables. Notre petite troupe traverse le canal d’eau bleue et poursuit sa ballade vers le Nord. Un balbuzard surgi de nulle part s’envole. Le frémissement velouté de quelques battements d’ailes amples froissent l’air moite. Mais il ne s’éloigne pas trop et se pose sur un tronc pourri, pour nous observer. Les moutons cotonneux s’effilochent dans le ciel et disparaissent progressivement.

De temps en temps, Antoine repère le frémissement d’un banc de mulets. Il place calmement son épervier sur l’épaule et avance lentement vers les poissons insouciants. D’un geste ample, il projette la corolle de mailles vers le ciel. Elle retombe comme une fleur emportée par le vent, emprisonnant quelques éclats argentés qui gigotent désespérément. Le repas de midi est dans le sac. Nous poursuivons jusqu’au canal du Faasi ; vaste chenal d’eau bleue qui marque l’extrémité Nord de l’île. Au-delà débute le chapelet d’ilots des Pléïades du Nord.
C’est l’heure des estomacs. Antoine prépare un feu pour griller les mulets sous l’ombrage des Filao. Une brise éphémère et inattendue chasse les volutes de fumée vers le ciel. Après le repas, je pars vagabonder dans le dédale des chenaux d’eau bleue. Des massifs de corail qui poussent à fleur d’eau forment de grandes taches brunes. Sous la surface, à quelques dizaine de centimètres de profondeur, la nature cache d’insoupçonnables trésors de couleurs audacieuses, de formes et de vie : une limace de mer d’un bleu électrique, une petite gorgone orange qui vibre dans le courant, un poisson coffre jaune, au corps caparaçonné couverte de points noirs agite frénétiquement sa queue minuscule et translucide. Des poissons clowns se frottent contre une anémone de mer qui ondule. Une crinoïde s’agrippe à la surface boursouflée d’une tête de corail. Un perroquet vert frappe de son bec la surface d’un bloc de corail... Je soulève quelques pierres. Une petite étoile de mer rouge courbe ses branches vers le ciel. Un crabe trapèze se trémousse en me fixant avec ses yeux jaunes.

Pour rejoindre la nurserie puis le départ, nous entrons dans la forêt sèche derrière le campement. La végétation abrutie par le soleil de midi est immobile. Puis nous reprenons le fil de la plage pour revenir vers l’église blanche, en trainant nos pieds sur l’estran humide. La compagne d’Antoine nous attends avec une citronnade fraiche.

 informations pratiques

 Réservations : sentier guidé par Antoine Omei - Tél. 98 72 05.
Distance : 13,4 km aller et retour en partant de l’église. Mais il est possible d’aller en voiture jusqu’au bout de la piste et d’éviter 3,5 km aller et autant au retour. Dans ce cas le trajet n’est que de 6,4 km.
Horaires : compter 3h à 4h pour l'aller et retour.
Dénivelée cumulée : Insignifiant.
Accès : rejoindre l’église de Saint Joseph où Antoine fixe en général le lieu de RV.
Balisage : aucun. Mais Antoine, le guide connait bien le secteur. Il est chaleureux et sympathique.
Points d'eau : aucun.
Difficultés : facile. Le soleil et la chaleur peuvent être implacables. Attention à la traversée du chenal Hnymek parcouru par un courant souvent violent. Des requins de taille parfois respectable y patrouillent inlassablement.
Matériel : eau, vivres, une petite trousse de secours, sandales ou chaussures pour marcher dans l’eau. Éventuellement une paire de palmes, un masque et un tuba.
Intérêts – coup de cœur : la lumière et les grands espaces d’Ouvéa. Les rassemblements de requins en fin d’année.
Bivouac : inutile.
Hébergement : les gîtes et hôtels de l’île mais aussi chez l’habitant.
Téléphone : le réseau GSM fonctionne sur toute la partie nord de l’itinéraire.

Les rassemblements de requins citrons

Vivant principalement dans le lagon entre 5 et 40 m de profondeur, le requin-citron (Negaprion acutidens) est généralement inoffensif mais il peut montrer beaucoup d’agressivité pour sa défense. Au nord d’Ouvéa, en début de saison chaude, à l’époque de la reproduction, des dizaines de requins citrons se mêlent aux ailerons noirs du lagon (Carcharhinus melanopterus) et aux ailerons blancs du lagon ou requin corail (Triaenodon obesus). Ils patrouillent inlassablement dans la lagon à proximité de la côte et se regroupent dans la lagune pour s’accoupler. Les juvéniles vivent dans la mangrove pour se nourrir et trouver une protection jusqu’à maturité.

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